Questionner l'espace, la vie, l'usure du temps
La recherche d’une vibration dans la matière est à la base de mon travail sur la toile : tenter d’arriver à ce point de déséquilibre subtil, si fragile, où tout risque de s’effondrer dans le trop dit, le trop imposé. Telle est ma démarche. Je pars de l’exploration lente et silencieuse d’un monde intérieur, comme une méditation sur l’usure du temps ; et c’est en superposant les épaisseurs de peinture que l’histoire finit par prendre forme et se raconter au travers de signes et de traces.
La présence de territoires symboliques dans mes toiles questionne l’espace de l’entre-deux : comment y donner un souffle ? J’aborde également le thème de la frontière et de la limite : zone ou on doit accepter que quelque chose puisse nous échapper pour atteindre d’autres étendues : un espace où le contact et la découverte et l’enrichissement de l’autre est possible. C’est en effet par la rencontre de deux cellules que tout a commencé et nous faisons partie d’un tout.
Si ma démarche intime est poétique, elle est aussi l’écho de ma perception du monde extérieur. C’est une peinture de l’abandon, je cherche l’instant où mon univers émotionnel, ma propre vibration, va pouvoir entrer en résonance, en partage avec l’autre et ainsi pouvoir atteindre d’autres horizons.
Partition imaginaire
130x97 cm
Bio
Née à Dunkerque, Elisabeth Gore vit et travaille à Beauvais dans l’Oise. Elle a participé à de très nombreuses expositions et salons français d’art.