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Frac SARKIS
Œuvres de SARKIS et de Johan CRETEN : le souci de la mémoire et de la destinée.
Exceptionnellement, le FRAC Auvergne (Fonds Régional d'Art Contemporain) a accepté de présenter à Saint-Saturnin les œuvres de deux artistes de renommée internationale appartenant à sa collection

 

SARKIS
Né en Turquie en 1938
Sarkis, artiste originaire d'Arménie, développe depuis des années une œuvre très personnelle fondée sur un attachement très fort à la question de la mémoire et de sa transmission.
L’Ange qui écoute l’Oratorio de Noël de Jean-Sébastien Bach est une œuvre fondée sur une perception poétique et méditative. Deux néons de cristal teinté écrivent les mots allemands « Leidschatz » (trésor de souffrance) et « Kriegschatz » (trésor de guerre) de part et d’autre d’une caisse en bois dont la forme rappelle celle d’un cercueil mais dont la fonction est aussi d’être la caisse de rangement et de transport de l’œuvre.

Déjà se dessinent deux notions chères à Sarkis : le tombeau (comme symbole direct de la mémoire défunte) et l’élément nomade, transportable, évoquant la migration, l’instabilité, le statut d’apatride, et posant l’interrogation de savoir si le déraciné peut encore avoir une mémoire ou, à l’inverse, si la mémoire n’est pas tout ce qui reste à l’apatride. La caisse contient une bande magnétique sur laquelle est enregistré l’Oratorio de Noël composé par Jean-Sébastien Bach. Le son est emprisonné sur son support et, par projection poétique, nous pouvons imaginer que seul l’ange en recueillement, gardien de l’œuvre, soit à même d’écouter la partition muette. C’est le silence de la musique que l’ange écoute, en plein mutisme, auréolé de lueurs aquarellées rouges et vertes, stigmatisé par le poids du passé et du souvenir. 

Frac SARKIS
Légende de l’œuvre :
L’Ange qui écoute l’Oratorio de Noël de Jean-Sébastien Bach. 1992. Technique mixte – Dimensions variables. Collection FRAC Auvergne





Johan CRETEN
Né en Belgique en 1963
Johan Creten a choisi d’utiliser dans son œuvre des matériaux parfois répudiés pour leurs connotations modernistes, ou décoratives. Terre cuite émaillée et grès sont en effet ses matières de prédilection pour la réalisation de sculptures dont les sujets varient de la citation mythologique à la réalisation de cruches, d’animaux et d’un certain nombre d’objets que l’on serait tenté d’assimiler à l’artisanat de la poterie. Johan Creten aime se placer sur une limite parfois ténue où l’art peut basculer dans le kitsch décoratif et inversement. Si les mythes sont souvent revisités, c’est toujours dans l’affirmation de leur intemporalité. Les quatre poissons hybrides de Nur ein Fisch appartiennent au bestiaire que Johan Creten développe depuis des années. Si l’on peut envisager ces poissons à tête de mort recouverts d’une peinture couleur de mercure à l’aune d’une réflexion sur l’environnement et l’écologie, ils renvoient aussi à l’univers de la tragédie grecque. Leur forme hybride, entre poisson et humain, ravive le souvenir des Erinyes, ces entités malveillantes de l’Orestie d’Eschyle chargées par les dieux de poursuivre Oreste pour lui signifier ses fautes.

Frac Creten
Légende de l'oeuvre :
Nur Ein Fisch.1992. Céramique - 4 x (100 x 24 x 20 cm). Collection FRAC Auvergne